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Il est temps de vous présenter Conardus un peu plus en détail. Certains d’entre vous peinent à comprendre, peut-être.

Alors, voilà :

C’est un extra-terrestre. Un vrai, pas un Spoke à la sauce Hollywood ni un Dark Vador sous ventoline. Non, un vrai voyageur de l’Espace, un type comme personne sur Terre n’en connaît. A bord de son vaisseau spatial, nommé « Le Pourquoi Pas, Hein ? », il parcourt le Temps et les parsecs, pour le plus grand plaisir des savants de sa planète d’origine.

Arrivé, et pas en ligne droite bien sûr, du fin fond des profondeurs de l’Univers, Conardus fit connaissance de Raymond et de son compère René dans une précédente aventure, au cours de laquelle ils nouèrent de solides relations amicales, premier pont jeté entre l’Humanité et une civilisation extra-terrestre. Comme tout émissaire, Conardus est un être original, rompu à l’art contraint de la diplomatie. De toutes les diplomaties, d’ailleurs, rendues nécessaires, voire vitales, en raison même de ses fonctions d’explorateur sidéral.
D’un caractère plutôt flegmatique, il sait faire preuve d’une rare ouverture d’esprit qui, comment en douter, faisait déjà de lui le candidat rêvé pour ce poste de découvreur d’univers. Poste dont il hérita sans difficulté aucune, bien entendu.

Habitué aux longues périodes de solitude absolue pendant ses voyages galactiques, il s’est forgé un mode de vie qui réjouirait Epicure, Bacchus, Lucrèce et autres rabelaisiens convaincus.
Armé de très solides connaissances mathématiques, c’est aussi un expert en recherches quantiques, un théoricien avancé dans le monde étrange de la Relativité, restreinte ou non, et pour finir, c’est un as dans la maîtrise des paramètres du Temps conjugué aux effets de la vitesse et des distances.
Bref, une tête pensante, bien faite et bien remplie.

Célibataire dans l’âme, peu enclin à l’immobilisme confortable d’une vie familiale paisible, il court depuis des décennies tout ce qui porte jupons, sans distinction de race, de couleur, de forme de vie presque. Joyeux luron, il aime par-dessus tout les ambiances incandescentes des soirées bien arrosées, animant souvent lui-même les ébats en braillant à tue-tête les chansons paillardes qu’il connaît par centaines, dans des multitudes de dialectes et langages différents.

Doté d’un goût immodéré pour les boissons, il a découvert dans l’alcool un allié inattendu mais indéfectible et universel, même s’il change toujours de nom selon les planètes qu’il aborde. Ce vice lui semblant commun à toutes les civilisations, quelle que soit son niveau d’évolution, il comprit vite que cela lui permettrait de rompre la glace avec moins de danger que tout autre moyen.

Mais c’est peut-être là sa seule faiblesse, l’unique défaut de sa cuirasse parce que les effets de l’alcool se traduisent sur lui par une vive coloration de l’épiderme qui passe au vert, ce qui ne manque pas de créer quelques soucis. Comme si cela ne suffisait pas, de curieuses excroissances en forme de triangle aux angles un peu arrondis lui poussent le long de la colonne vertébrale, un peu à la façon des plaques que portaient les stégosaures de l’ère jurassique sur Terre… Enfin, pris par l’alcool, il se trouve alors obligé de dormir, incapable de garder l’œil ouvert et ce, jusqu’à dissipation totale de toutes ces étranges métamorphoses.

Pour le reste, il suffit de savoir que c’est un compagnon aimable, au savoir immense, à l’imagination débridée, capable de se sortir de toutes les situations, même les plus extravagantes. Enfin, protégé par une armée de robots, vigilants et d’une insoupçonnable puissance de destruction si nécessaire, il laisse libre court à ses envies de découvertes sans peur ni angoisse superflue. Pour conclure sur le personnage, résumons en disant que c’est, comme indiqué plus haut, une tête pensante…qui picole comme un trou.

Si ses compétences intellectuelles ne peuvent faire l’objet de la moindre critique, sa sociabilité reste sujette à quelques remarques intéressantes…

Par exemple, il suffirait de s’attarder un peu sur la fameuse navette qui trône en ce moment dans le jardin du vieux Raymond. De petite taille, celle d’une caravane familiale, à peu près, c’est le mode de transport favori de Conardus. Principalement parce qu’elle lui permet de s’échapper de son vaisseau-mère, qui orbite toujours en un lieu distant et protégé. Celui-ci, beaucoup plus imposant, serait de toute façon beaucoup plus difficile à garer… D’ailleurs, le Champ de Mars à Paris n’y suffirait pas, ce qui augure de l’immensité de l’engin. Ce navire aux capacités interstellaires, taillé pour des voyages si long qu’ils dépassent l’entendement humain, possède en ses flancs des technologies tellement avancées qu’elles passeraient pour de purs prodiges divins aux yeux des Hommes. Carrément !

Qu’il s’agisse d’instruments ou de remèdes médicaux, d’armes défensives ou de destruction à capacités planétaires, les soutes de ce paquebot de l’espace fileraient le tournis à Léonard de Vinci et ses inventions rudimentaires.

Conardus, vu par les hommes, relève donc d’un mélange hasardeux de connaissances, de compétences et de moyens qui font de lui un James Bond à écailles vertes, croisé avec un Superman sans uniforme et une sérieuse lampée de Géo Trouvetou.

Ce qui ne manquerait pas de faire rêver tous les hommes de cette planète minable et toute bleue, vue de loin.

Mais…parce qu’il y a un mais, Conardus est tout cela avec une mentalité de beauf-baba-cool-de-banlieue. Acte volontaire ou non de sa part, il est indubitable malgré tout que c’est bien ce dernier travers qui l’empêchera toujours de prendre du grade dans la hiérarchie exigeante et élitiste de ses pairs…

Et, pour y revenir enfin, sa navette est le parfait reflet de cette culture archaïque qui fait penser, presque trait pour trait, à la terrible misère intellectuelle d’un amateur de football. Décorée à la façon des camions indiens, avec des collections entières de fanfreluches tout autour des pare-brises, des guirlandes colorées, peintes sur tout le fuselage profilé, avec des nuées de petites lampes multicolores qui brillent en permanence, comme une banderole publicitaire, elle est l’objet de toutes les cajoleries de Conardus, fils de Pûthe, dernier du nom.